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FL58 - Recherche : Benoît Roland

Benoît Roland : « Intégration du facteur humain dans la gestion des ressources partagées, appliquée à la programmation opératoire ».

Durant les dernières décennies, l'accès aux soins médicaux pour l'ensemble des citoyens a guidé les politiques de santé de la plupart des pays européens. Les établissements hospitaliers, subventionnés par les états, ont joui durant ces années d'une grande liberté d'actions, notamment grâce à une situation budgétaire peu contraignante. Cette volonté d'améliorer la couverture des soins de santé a propulsé nos systèmes hospitaliers européens parmi les plus performants du monde. Malheureusement le temps de l'insouciance est révolu, en particulier en Belgique où le trou de la sécurité sociale nous rappelle chaque jour l'ampleur des dépenses du secteur médical. Qui plus est, ces dépenses augmentent avec le temps, notamment en raison de techniques médicales plus élaborées, plus efficaces et plus coûteuses, ou d'un recours abusif aux médications de la part d'une patientèle peu soucieuse de sa consommation. Du point de vue des centres hospitaliers, c'est principalement l'inefficacité avec laquelle les ressources médicales sont gérées qui alourdit la note. Pour résorber la dette sanitaire, les états ont pris des mesures drastiques afin de réduire les subsides octroyés. En Belgique, la rationalisation des dépenses fédérales de santé a poussé le gouvernement à mettre en place, depuis 2002, un système de financement des hôpitaux basé sur leur activité. Pour chaque type de pathologie, en fonction de la sévérité du cas, l'hôpital se voit subsidier un certain nombre de journées dites justifiées, calculées sur base de la moyenne nationale nécessaire au traitement de cette pathologie. Si le séjour du patient devait dépasser cette durée justifiée, l'excédent serait à la charge de l'hôpital. La bonne gestion de l'activité médicale conditionne dès lors la santé financière de l'établissement, rendant la recherche de performance indispensable.

L'hôpital est un système à haute valeur ajoutée humaine: ses principales ressources, essentielles à son activité, sont le personnel. Les ressources médicales, qu'elles soient humaines ou matérielles sont mutualisées au sein de ce système, rendant leur organisation complexe. En effet, s'il n'est pas efficient, le partage des ressources provoquera une dégradation des performances générant surcoût, insatisfaction du personnel et diminution de la qualité des soins. Notamment, la planification de l'activité chirurgicale au sein du quartier opératoire détermine l'utilisation de ces ressources, conditionnant les performances de celui-ci, et donc celles de l'hôpital. Le quartier opératoire est donc un point stratégique du système hospitalier qui, étant donné les règles de financement en vigueur, dicte autant les dépenses que les revenus de l'établissement. Notamment, les gestionnaires des unités chirurgicales affrontent une grande complexité de management en raison d'un nombre considérable de contraintes légales, économiques et humaines à prendre en compte, tout en assurant de la bonne qualité des soins prodigués. Ces difficultés d'organisation, couplées à la nécessité de réduire les dépenses, incitent les hôpitaux à adopter des techniques de gestion autrefois réservées au secteur des entreprises, en les adaptant aux spécificités de la production de soins.

En réponse aux besoins de rationalisation managériale exprimés par les centres hospitaliers, et principalement des gestionnaires de quartier opératoire, nous développons, dans cette recherche, des outils d'aide à la décision permettant d'optimiser le processus de programmation opératoire, et donc la gestion des ressources impliquées dans ce processus. Sur le plan tactique et opérationnel, les procédures élaborées prennent en compte un maximum de contraintes liées à l'activité chirurgicale afin d'automatiser la construction des plannings opératoires. L'importance des ressources humaines étant une caractéristique propre au processus étudié, nous incluons également une dimension humaine trop peu présente dans les approches de planification et d'ordonnancement que l'on rencontre classiquement dans la littérature qui s'y rapporte. Au niveau stratégique et tactique, nous mettons à la disposition des décideurs un outil leur permettant de mesurer l'impact de la variabilité inhérente à l'environnement médical sur les choix relatifs au dimensionnement et à l'organisation du quartier opératoire. Nos travaux ont été primés à deux reprises lors de conférences internationales et ont fait l’objet de publications dans des revues internationales de haut rang.

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