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FL58 - Jean-François CATS

Une rigueur pétrie d’humanité


Humanités scientifiques à l’Athénée de Morlanwelz, licence en sciences économiques appliquées aux FUCaM, reviseur d’entreprises depuis 1982, Jean-François Cats s’estime être d’abord un homme de chiffres.  Toutefois, les techniques d’audit et d’expertise financière ne comblent pas la vie d’un homme.  «Aujourd’hui, j’ai davantage envie de connaître l’homme », confie-t-il à FUCaM Liaisons.
 

FUCaM Liaisons : Vous êtes reviseur d’entreprises depuis 1982, une profession où la rigueur mathématique est prépondérante. Etiez-vous un matheux  ?

Jean-François Cats : Ce fut un professeur des FUCaM, qui m’a fait accepter les maths. C’était un intraverti des maths, mais un pédagogue extraordinaire et un humaniste. Il devint recteur par après.


F. L. : Après ce coup de foudre…pour les maths, vous décidez au niveau de la licence de prendre l’option revisorat! Quel en fut le moteur ?

J.-F. C. :
Mon parrain m’a expliqué que l’option comportait de la comptabilité et de l’informatique et m’a assuré que la branche fournissait de l’emploi.


F. L. : Combien de temps faut-il pour devenir reviseur d’entreprises ?

J.-F. C. : Il faut 3 ans de stages sous le contrôle de l’Institut des Reviseurs d’Entreprises. Personnellement, je les ai effectués essentiellement aux USA et en Afrique, où entre 1979 et 1982, j’ai effectué plusieurs séjours de 10 à 14 semaines pour le compte de la société BBKS. En 1982, j’obtiens mon diplôme de reviseur d’entreprises. En 1985, je deviens associé à la BBKS. En 1987, j’effectue un post-graduat en administration des affaires au CEPAC ( ULB). Et en 1988, je crée ma société «  RSM-Belgium ». Il s’agit d’une société d’audit, d’expertise et de conseil, spécialisée en audit et révisorat d’entreprises, expertise et gestion comptables, conseil et services en fiscalité, expertise financière et corporate governance. Aujourd’hui, l’entreprise occupe 144 personnes.


F. L. : Depuis 1988 jusqu’à nos jours, quels sont les changements importants survenus dans l’audit des entreprises ?

J.-F. C. : Etant donné que les entreprises se sont davantage internationalisées, que leurs activités sont de plus en plus complexes, nous devons nous développer vite et avec un maximum de rigueur. La profession est devenue davantage réglementée, technique et exigeante.


F. L. : Reviseur d’entreprises est-il encore un métier d’avenir pour des jeunes licenciés en sciences de gestion en ce début du troisième millénaire ?

J.-F. C. : Cette profession m’a apporté tellement sur le plan humain que je suis totalement persuadé qu’elle peut être extraordinaire pour des jeunes curieux, responsables, qui souhaitent apprendre tout le temps, tout cela dans la rigueur du travail.


F. L. : Quels en sont les difficultés majeures ?

J.-F. C. : Apprendre à gérer son stress, son temps et l’équilibre entre sa vie professionnelle, sa vie familiale…et sa vie intérieure.


F. L. : Parmi vos casquettes, vous portez celle d’administrateur de l’ULB ! Quel est votre avis sur la fusion proche de chacune des trois universités complètes (ULB, UCL et ULG) avec des facultés régionales ?

J.-F. C. : Je pense qu’une université est faite pour former des étudiants, que ses missions fondamentales sont la transmission des connaissances et la recherche. Il est clair qu’il est plus facile de faire de la pédagogie dans une université de plus petite taille, où l’accompagnement est forcément plus individualisé. La fusion ne peut jamais se faire au détriment de la pédagogie.


F. L. : Et pourquoi pas un grand campus universitaire dans la cité du Doudou ?

J.-F. C : Face à la concurrence internationale, il est nécessaire que les facultés régionales puissent mieux se positionner. D’autre part, il est important qu’il subsiste une offre d’enseignement supérieur cohérente en Hainaut tout en conservant la concurrence à la fois de l’enseignement et de la recherche. Mais je suis pour des accords de coopération forte entre les universités montoises.



F. L. : Quel regard portez-vous sur les FUCaM ?

J.-F. C. : J’ai conservé une grande tendresse pour les FUCaM qui m’ont stabilisé au niveau affectif et m’ont donné confiance en moi. Les FUCaM sont une faculté universitaire où l’on fait confiance à l’être humain et à qui on donne tous les moyens pour se développer. C’est incroyable !


F. L. : Quel regard jettez-vous sur la société d’aujourd’hui ?

J.-F. C. : Je suis inquiet sur la place anormale et fausse que prend l’argent dans notre société de consommation. Cela me met très en colère. Mais, l’évolution de la conscientisation sur les développements sociaux  et les grands projets sociétaux me rendent confiants en l’homme de demain.


Alfred DIRICQ

ALIFUCaM, association des anciens diplômés

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