Version imprimable

FL58 - Jean BLAVIER

Un monde de rencontres

 

Interviewer Jean Blavier revient à faire une cure d’entrain.  Passionnant, passionné, le verbe convainquant, en perpétuel mouvement, Jean Blavier jette un regard comblé sur son passé mais à 60 ans, l’homme regarde tout son avenir droit dans les yeux.  Economiste lucide, il sait que l’allongement de carrière est inévitable pour maintenir le système de pensions.  Pour lui, la vie est une pièce de musique à exécuter avec talent.  Sa double formation universitaire est sa partition ; son large carnet d’adresses, son instrument.  Deux atouts qui lui permettent de tenir la baguette de sa vie.

 


FUCaM Liaison : Jean Blavier, chaque jour depuis près de 20 ans, on écoute et on lit, avec beaucoup d’attention, vos commentaires économiques et financiers clairs et pertinents dans la presse.  Comment êtes-vous arrivé à ce métier ?

Jean Blavier : A l’âge de 9 ans, je voulais devenir journaliste comme Tintin, le héros de mon enfance.  Intéressé par le journalisme économique, j’entame des études à l’IHECS alors localisé à Tournai dans la section publicité/marketing.  Résolument, je ne choisis pas la filière journalisme dont je trouvais le contenu un peu faible.  Fort heureusement, les études en journalisme ont évolué depuis.  Le diplôme en poche, je débute ma carrière professionnelle dans une maison d’édition que je quitte assez vite pour une banque implantée à Anvers.  Il est vrai que le fait d’être bilingue français/néerlandais de part mes origines (mère néerlandophone, père francophone) m’a aidé à décroché cet emploi.  Avec l’approbation de mon père ingénieur pour qui le journalisme relevait plus de l’artistique que d’un « vrai » métier, je songe reprendre des études en sociologie d’abord, en sciences économiques appliquées finalement après une rencontre fortuite avec un professeur des FUCaM.  Car à l’époque, les FUCaM organisaient une passerelle en horaire décalé pour les titulaires d’un premier diplôme, actifs sur le marché de l’emploi.   Ainsi, je fais la navette quelques jours par semaine entre Anvers et Mons.  Pendant mes études aux FUCaM, je présente et réussis l’examen pour devenir journaliste à l’agence de presse Belga.  J’y resterai 7 ans avant de passer 10 ans à la Libre Belgique, avant la RTBF et l’Echo aujourd’hui.  Entretemps, je me frotte au monde de la communication, en agence d’abord et à la direction de la communication de l’UCL ensuite. 


F. L. : Un souvenir de vos études aux FUCaM ?

J. B. : Je garde le souvenir d’un accueil remarquable et d’un encadrement extraordinaire tant sur le plan pédagogique qu’administratif.  Et puis, le public était particulièrement intéressant : dans les cours en horaire décalé, on côtoie des personnes d’horizons différents, de l’administration, de l’industrie lourde, de l’informatique…  Bref, on baigne dans un milieu enrichissant, on partage des préoccupations professionnelles identiques…



F. L. : Homme des medias et de communication, vous êtes intarissable et semblez infatiguable. De quoi votre enthousiasme se nourrit-il ?

J. B. : La vie est là, pleine d’opportunités.  Elle est une pièce de musique où chacun doit jouer avec talent sa partition, son instrument.  Ma double formation universitaire constitue ma partition.  Le talent lui aussi s’acquiert avec l’expérience et la réflexion sur soi.  Mais on ne le répètera jamais assez : partition et talent doivent trouver l’instrument à travers lequel s’exprimer.  Cet instrument, c’est le carnet d’adresses, une richesse incommensurable.  Même si la Belgique n’est pas un pays mondain, il faut voir le monde, aller aux cocktails, aller aux portes ouvertes d’entreprise, fréquenter les associations d’alumni… Les rencontres sont déterminantes dans une vie.  Ainsi, moi, j’ai toujours changé d’emploi à la faveur d’une rencontre.



F. L. : Quelle est la dernière rencontre qui vous a marqué ?

J. B. : Le professeur émérite Philippe de Woot !  A plus de 80 ans, il est toujours foisonnant d’idées.  Pour lui, l’important est de trouver la bonne manière de gérer sa sortie de carrière.   Economiste, je sais que nous devrons travailler toute notre vie et qu’il ne faudra pas compter sur la pension pour vivre.  Aujourd’hui, j’ai 60 ans et je n’ai pas pour projet de m’arrêter.  Quand je pense à tous ces besoins qui ne sont pas rencontrés aujourd’hui à cause de verrous fiscaux et autres que le politique pourrait faire sauter.  Le plus dur selon moi, c’est la mère de famille seule pour qui la garde des enfants au retour de l’école la prive souvent de trouver un meilleur emploi, alors que dans son environnement, il y a des retraités qui pourraient facilement assurer cette tâche.  Les exemples ne manquent pas.  La solidarité ne doit pas être uniquement fiscale, elle doit être concrète aussi.



Pour vivre sa vie professionnelle selon Jean Blavier,  la recette est somme toute connue : le bagage académique, la maîtrise des langues (sans oublier le néerlandais, langue de nos voisins quel que soit le sort dévolu à la Belgique) et le talent.  A chacun de les mettre en musique, d’orchestrer sa vie avec souplesse et interactivité.

 


 

Etudes

Activité d'information


Dernière publication


  • FUCaM Liaisons n°63

Mons 2015


  • Mons 2015 : pour l'UCL Mons aussi, c’est capital !