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FL59 - Christophe GAETA

J’avais 20 ans en 45, Tout sur Hergé, Le dernier continent, c’est lui !

A l'aide d'une canne, le souffleur de verre va cueiller une boule de verre en fusion, appelée paraison,  qu’il va  transformer par l’introduction progressive d’air : il devient ainsi un véritable créateur d’œuvres d’art. Pareil à ce dernier, Christophe Gaeta, cet alumni des FUCaM sorti en 1992 avec une licence en sciences économiques appliquées (aujourd’hui master en sciences de gestion), incarne, depuis 20 ans, un souffle nouveau pour les musées d’hier et de demain qu’il anime au moyen de scénographies ludiques, féeriques, magiques pour amener l’homme à découvrir son patrimoine culturel et historique.

FUCaM Liaisons : Quels furent les prodromes de cette passion qui vous habite aujourd’hui, la scénographie ?


Christophe Gaeta : C’était sur la fin de mes humanités. Je fus amené à être animateur dans un camp de vacances près de Beauvais.  Là, j’y rencontrai Jeannot Kupper, un gars super sympa et toujours bourré d’idées dans le domaine de l’animation. On se jura de garder le contact et l’on se promit même de travailler un jour ensemble.


F. L. : Et cette promesse se réalisa…


C. G. : En 1991 lorsque nous réalisâmes à Welkenraerdt l’exposition «  Tout Hergé ». Nous poursuivîmes  notre collaboration pour l’expo consacrée à Simenon à Liège en 1993.


F. L. : Mais une autre passion vous titille alors.


C. G. : Quand j’étais en humanités, j’avais la fibre commerciale : c’est ce qui m’a amené aux FUCaM. Alors en 1993, je pars un mois en Chine. J’y achète des palettes de crayons, de   « slash », de crevettes que je revends à mon retour en Belgique. Je suis alors à une croisée de chemins : commerce ou scénographie !


F. L. : Mais comme Lao Tseu le disait «Il faut trouver sa voie». Vous trouvez finalement la vôtre.


C. G. : A mon retour de Chine, nous avons une demande du Musée des Armées sis au Cinquantenaire pour une exposition, qui se tiendrait à l’occasion des 50 ans de la fin de guerre 40-45. Jeannot et moi nous voyons sur la grand-place de Mons et nos cogitations nous amènent à donner un nom à cette exposition «J’avais 20 ans en 45». Nous voulions un titre qui sonne comme un titre de film afin d’y amener un maximum de jeunes. Il y eut 750.000 visiteurs !


F. L. : Et vous enchaînez !


C. G. : En 1996, une scénographie pour Côte d’Or et son musée du chocolat.  En 1997, «  Le Dernier Continent » toujours au Cinquantenaire.  En 1998, je réalise une animation sur Jacques Brel pour la Fondation du même nom. Nous venons de réaliser une scénographie pour deux expositions inaugurées en octobre 2010 «L’Amérique, c’est aussi notre histoire» à Tours et Taxis et «Librarium» à la Bibliothèque nationale.


F. L. : Quelles seront vos réalisations futures en Belgique ?


C. G. : En 2012, nous réaliserons la scénographie du nouveau musée que la ville d’Antwerpen consacrera aux émigrés. Pour ce projet, nous avons été sélectionnés parmi  5 candidats, deux francophones et 3 néerlandophones. Ce concours était organisé conjointement par la ville d’Antwerpen et la société américaine Beyer Blinder Belle de New-York. Cette dernière va restaurer l’ancien bâtiment portuaire par lequel passaient les émigrés avant de prendre le bateau, et le transformer en musée «Red Star Line Museum». Quant à nous, nous réaliserons la scénographie de l’exposition permanente «People on the move». Nous venons d’aller présenter le projet à New-York.


F. L. : Mais vous en aurez aussi dans d’autres villes du pays !


C. G. : En 2011, à la Bibliothèque nationale et consacrée aux «Miniatures flamandes». En 2014, nous réaliserons à Waterloo avec Franco Dragone « Le Mémorial de Waterloo ».


F. L. : Et vos projets à l’étranger ?


C. G. : Pour le moment, ils sont surtout centrés sur la Pologne. En 2012, à Poznan pour le musée «The Visitor Center». En 2014 à Gdansk pour le nouveau musée consacré à la deuxième guerre mondiale. L’originalité de ce  projet tient au fait qu’après avoir été sélectionné suite à un concours, comme toutes les fois d’ailleurs, nous avons rentré la scénographie et le choix de l’architecte parmi 129 candidats a été fait en fonction de notre scénographie.


F. L. : Quelle est votre mission spécifique pour toutes ces scénographies ?


C. G. : Ma mission spécifique est de traduire par une mise en scène originale un scénario historique. Mon travail est proche de l’architecte d’intérieur, avec la différence que je dois présenter des collections, imaginer des médias, concevoir des films et des effets spéciaux.


F. L. : Quelle méthode suivez-vous pour remplir votre mission ?


C. G. : Une fois le thème donné, il faut rassembler toute la documentation, livres, films, témoins. Ensuite, il faut établir un dialogue permanent entre les historiens, les graphistes, les témoins. Pour l’exposition  «J’avais 20 ans en 45», je suis allé à Auschwitz, j’ai rencontré des témoins en Belgique. Pour celle sur «Le dernier Continent», j’ai rencontré Alain Hubert. Mon job est de proposer des idées à une équipe. Ce qui est super, on rencontre des gens calés dans le domaine traité avec qui on discute, on dialogue.


F. L. : Pour vous quelle est l’essence immanente de la scénographie ?


C. G. : La scénographie, ce n’est pas un feu d’artifice, c’est d’abord et avant tout une émotion ressentie quand on rentre dans l’histoire, et une émotion à partager.


F. L. : Quelle est votre plus grande satisfaction ?


C. G. : Que cela se passe bien avec les gens avec qui  je travaille et avec les visiteurs bien sûr.


F. L. : Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent se lancer dans la scénographie ?


C.G : Ne pas être avare de son temps ! Etre ouvert et enthousiaste.


Alfred Diricq
ALIFUCaM, association des anciens diplômés
       


 

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