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FL59 - Nicolas LAMBERT

Marketer de l’année

LAMBERT N.Le jazz a ses chefs d’orchestre : Glenn Miller, Count Basie, Duke Ellington… Les modernistes ont leurs architectes : Horta, Gaudi, Martinell… La brasserie Alken-Maes, filiale belge du groupe Heineken, a les deux en la personne de Nicolas Lambert. Cet alumni des FUCaM, diplômé ingénieur de gestion en 1994, est aujourd’hui directeur du marketing chez Alken-Maes. A ce titre, il se définit tantôt comme un chef d’orchestre vis-à-vis de son équipe, tantôt comme un architecte vu l’aspect créatif et technique de son métier.

FUCaM Liaisons : Devenir architecte était-il l’un de vos rêves d’adolescent ?


Nicolas Lambert : Au cours de mes humanités à l’Ecole internationale du Shape, je rêvais de devenir ingénieur-architecte.  J’ai même suivi une année de mathématiques spéciales à la KUL, présenté l’examen d’admission à la faculté polytechnique.  Finalement, j’ai choisi les FUCaM.


F. L. : Pourquoi ce choix in extremis ?


N. L. : J’estimais qu’une faculté de sciences économiques présentait un intérêt plus universel et que j’y recevrais des matières plus concrètes.


F. L. : Sitôt votre diplôme d’ingénieur des FUCaM en poche, vous êtes happé par Unilever.


N. L. : J’y entre comme Assistant Brand Manager et terminerai au poste d’European Marketing Manager Becel/Flora à Londres en janvier 2003. Mon job entre autres est d’harmoniser la marque Becel/Flora/Fruit d’Or dans 15 pays au niveau de son positionnement, de la publicité, du design et de la formulation pour arriver à une croissance du chiffre d’affaires de 4%.


F. L. : Après 8 ans passés dans la margarine, vous passez à la bière !


N. L. : En février 2003, je suis engagé chez Inbev comme Marketing Manager Jupiler.  Je lance la Jupiler en mini fûts, une première en Europe occidentale et une innovation technologique pour Inbev. Je redynamise également la communication de Jupiler. Cela dégage le plus grand score d’appréciation publicitaire jamais vu chez Jupiler !


F. L. : Au vu des résultats engrangés, Inbev vous confie une autre mission à partir de janvier 2005.


N. L. : A partir de cette date,  je deviens Group Marketing Manager Jupiler-Stella Artois pour le Benelux. Je lance la Jupiler Blue et la Diekirch Surf.


F. L. : En janvier 2006, vous effectuez un come back dans les produits hypocholesterolémiants chez Unilever !


N. L. : Oui, mais cette fois chez Unilever Europe, à Rotterdam, où je m’occupe davantage de stratégie.  Je mets en œuvre une grande campagne de promotion à travers l’Europe sur le côté « bon pour la santé » des margarines.


F. L. : Mais en mars 2007, les boissons houblonnées, que  vous considérez comme appartenant à la richesse culturelle de la Belgique,  vous manquent. Vous répondez à l’appel d’Alken-Maes, qui allait bientôt devenir une filiale belge du groupe Heineken.


N. L. : Il est vrai que je suis amateur de bière. Outre le portefeuille des  produits d’Alken-Maes, j’apprécie beaucoup les trappistes. Les bières constituent aussi la richesse de notre patrimoine national. Heureusement que nous avons encore beaucoup de brasseries artisanales qui maintiennent cette richesse.


F. L. : Aujourd’hui, vous êtes Marketing Director chez Alken-Maes. En quoi consiste votre job ?


N. L. : Je définis et je mets en œuvre un ensemble de stratégies qui concernent le portefeuille des principaux produits, 5 marques activées sur les 30 du groupe, pour les faire évoluer, pour qu’ils répondent mieux aux besoins  des consommateurs. Cette stratégie concerne aussi leur positionnement, leur emballage et  la communication, à savoir la publicité, le sponsoring et l’événementiel.


F. L. : Comment voyez-vous votre job ?


N. L. : Je suis à la fois le chef d’orchestre avec 12 musiciens, mes collaborateurs. Mais, je suis aussi un architecte par le côté création et technique de la profession de marketer.


F. L. : Comment définissez-vous le marketing ?


N. L. : Le marketing, c’est comprendre les besoins de son groupe cible et y adapter son offre et sa communication.


F. L. : Votre passion pour votre profession vous a amené à poser votre candidature au titre de marketer de l’année 2010 au concours de Trends-Tendances. Pourquoi cette candidature ?


N. L. : D’une part, j’avais envie de partager mon expérience. D’autre part, je souhaite participer à un débat pour que cette discipline soit mieux comprise et mieux exercée. Le marketing mérite mieux que la réputation qu’on lui fait.


F. L. : Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui souhaiteraient embrasser la carrière de marketeer?


N. L. : Au niveau de l’apprentissage, allez apprendre dans les grandes multinationales, de préférence dans les secteurs des produits de grande distribution. Quant aux qualités intrinsèques, ayez un bon équilibre entre l’instinct et la rigueur : c’est un métier technique. Ayez beaucoup d’enthousiasme, d’énergie, d’ambition. Soyez toujours en phase avec les tendances fondamentales de la société. Et surtout amusez-vous, cela se verra dans votre travail !

Alfred Diricq
ALIFUCaM, association des anciens diplômés

       


 

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