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FL59 - Jacques DELMOITIEZ

Nouveau président de BASF pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient

Le regard affable de ce top manager» cache une volonté et une détermination aussi solides que la pierre bleue de sa ville natale, Soignies. Ce n’est donc pas un hasard si ce grand ami des FUCaM ait été choisi par BASF, «The Chemical Company», son entreprise depuis 1984, pour en devenir à partir du 1er octobre le président pour l’Europe, mais également pour l’Afrique et le Moyen-Orient.  Depuis lors, l’optimisation sous contraintes est devenue son pain quotidien.

FUCaM Liaisons : Quelles sont les circonstances qui vous ont amené chez BASF ?


Jacques Delmoitiez : Une fois mon diplôme d’ingénieur commercial en poche (1975) et après mon service mimitaire comme officier de réserve, j’entre chez Levis (AKZO aujourd’hui) pour m’occuper des ventes à l’exportation. Je passe ensuite chez Synfina (à l’époque Petrofina) à Manage en tant que Marketing Manager. En 1984, je suis recruté par un chasseur de têtes pour BASF. J’y débute comme attaché de direction au département Chimie pour y réaliser des analyses des marchés. Par la suite, j’eus l’opportunité d’accomplir chez BASF de nombreuses fonctions dans des domaines aussi différents que les peintures pour la réparation des voitures jusqu’aux produits d’ennoblissement en passant par les pigments et ce dans divers pays.


F. L. : Dans votre périple chez BASF, vous avez connu une période qui vous a procuré quelques jouissances !


J. D. : Notamment ces 5 dernières années,  je fus le président de la division mondiale des polyuréthanes. Cela m’a procuré beaucoup de plaisir, parce que nous avons réalisé des investissements conséquents en Chine. Aujourd’hui, nous y gérons d’importantes unités de production dan un marché en pleine effervescence : une entreprise colossale !


F. L. : «L’aventure commence à l’aurore » chantait un autre Jacques (Brel). Depuis le 1er octobre, une autre aventure a commencé pour vous chez BASF comme président du groupe  pour l’Europe. Quels sont les tenants et les aboutissants de vos nouvelles responsabilités ?


J. D. : Celles-ci sont focalisées sur deux pôles. D’une part, la coordination des marchés tels que l’automobile, l’emballage, l’agro-alimentaire, la construction et l’électronique : c’est le côté business. D’autre part, il y a l’aspect services, c’est-à-dire les ressources humaines,  la logistique et les sites de production.


F. L. : Quels seront vos objectifs majeurs relatifs à ces responsabilités ?


J. D. : Il y a d’abord nos clients pour qui nous avons une devise «Help our customers to be more successfull». A ce sujet, j’ai créé  il y a deux ans l’Académie du Marketing, avec une approche unique business to busines. Nous voulons aussi entreprendre de façon durable en combinant le succès économique, la protection environnementale et la responsabilité sociale. Nous contribuons ainsi au bien-être des générations futures. Enfin, nous n’oublions pas de croître de manière profitable en dégageant une prime sur le capital investi et assurer ainsi une rentabilité à nos actionnaires.


F. L. : BASF se définit comme «The Chemical Company». Or qui dit chimie et produits chimiques pose la question de leur conformité au développement durable !


J. D. : A ce propos-là, je crois qu’il faut dépasser l’émotion et revenir à la réalité. Si vous devez choisir entre une tasse en porcelaine et 4 gobelets en plastic, de prime abord, vous choisirez la tasse en porcelaine. Mais votre choix ne tiendra pas compte de l’énergie nécessaire à sa fabrication et à la consommation d’eau nécessaire à chaque utilisation… BASF est très sensible à l’équilibre et à l’efficience écologique.  Beaucoup de nos produits ont un bilan écologique.  BASF est le premier groupe chimique au monde à présenter un bilan carbone complet de ses activités.


F. L. : Vos responsabilités font évidemment penser aux travaux d’Hercule. Comment  solutionnez-vous vos problèmes de temps ?


J. D. : Je les résous par le choix des  priorités et par l’équipe. Je travaille avec 20.000 collaborateurs et un staff de 100 personnes à Ludwigshafen en Allemagne. Tout cela pour un chiffre d’affaires de 30 milliards d’euros !


F. L. : Boris Vian disait : «Nous ne sommes que des oiseaux de passage». Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui demain vous remplaceront ?


J. D. : Sortez de votre labyrinthe. Intéressez-vous au monde, à d’autres cultures, à d’autres races, à d’autres métiers, à l’histoire, à la géopolitique. Ayez un esprit critique plutôt que des opinions.


F. L. : Quels sont les critères de recrutement chez BASF ?


J. D. : On recherche bien sûr la compétence professionnelle. Mais nous mettons aussi l’accent sur le côté social comme le rayonnement, l’enthousiasme, la passion. Il y a aussi l’orientation interculturelle et les capacités à communiquer. Et enfin accepter la mobilité.


F. L. : Vous qui êtes un grand ami des FUCaM, vous n’êtes pas sans savoir que notre université va bientôt fusionner avec l’UCL, les FUNDP (Namur) et les FUSL (Bruxelles). Qu’en pensez-vous ?


J. D. : Ce sera une bonne chose parce qu’il faut vivre avec son temps. Cette fusion devrait apporter aux étudiants un accès à plus de possibilités en matière d’enseignement et de mobilité internationale. Quant à l’aspect régional, c’est très bien : il faut nous mélanger à d’autres régions. Bien que je fusse président du folklore au CEFUC en 1975, je crois qu’il faut sortir du folklore régional et vivre un rebranding, à savoir trouver une autre marque.


F. L. : Que retenez-vous des FUCaM ?


J. D. : Ce fut une période forte de ma vie, à un point tel que nous passons encore des réveillons ensemble : Lorenzon,  Jean-François Martin, (Dexia), Philippe Dufrasne (Siemens), Patrick Roland (fiduciaire Roland). Des cours de physique, de chimie et de maths, j’ai retenu l’optimisation sous contraintes, ce qui est mon pain quotidien !


Alfred Diricq
ALIFUCaM, association des anciens diplômés


 

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