Version imprimable

FL60 - Renelde DASSELEER

Femme de caractère dans un monde de douceurs

À l’époque de Charles Delacre, pharmacien de son état (il avait installé son officine à la rue Montagne de la Cour près du Palais royal), le chocolat est perçu comme un fortifiant et un remède. Mais il plaît de plus en plus comme une douceur. Charles Delacre va donc se lancer dans la fabrication du chocolat, labellisé « Chocolat Delacre» avec des variantes comme «Chocolat des Navigateurs » ou encore « Chocolat Vénitien ». En 1891, toujours à la recherche de nouveaux produits, Charles Delacre lance le premier biscuit « Pacha Delacre ». Voilà donc 120 ans que cette biscuiterie nous propose à l’heure du thé ou du café des douceurs appelées «Marquisettes», « Biarritz», «Cigarettes russes»… Si depuis 1998, Delacre est une filiale du groupe britannique «United Biscuits», il n’en reste pas moins vrai que son «Director Sales & Marketing» est la thudinienne Renelde Dasseleer, diplômée des FUCaM depuis 1987.

FUCaM Liaisons : Vous obtenez votre diplôme de licence en sciences économiques appliquées (correspondant à l’actuel master en sciences de gestion) en 1987. Et puis c’est un peu la galère pour trouver un emploi.

Renelde Dasseleer : En dernière licence, je ne savais pas très bien quelle voie choisir et, en bonne Wallonne, j’étais un peu bloquée par les langues. Cela a beaucoup changé depuis ! Je prends ce qui se présente : un job à la Région wallonne pour le traitement des déchets, un autre par la suite à la commission des prix. Mais rien de très épanouissant !

F. L. : Quelle est l’étincelle qui vous engage dans votre carrière ?

R. D. : Je suis une formation à la vente qui m’ouvre de nouvelles perspectives. Je réoriente mes recherches d’emploi et décroche un job de vendeuse pour la Wallonie chez Delacre en 1988.

F. L. : Très vite, vous vous imposez par vos qualités : rigueur et sérieux.

R. D. : En 1990, Delacre me propose la responsabilité d’une équipe de vendeurs. En 1993, je rejoins la direction centrale avec la responsabilité des grands comptes, à savoir les gros clients. Je dois négocier des plans de ventes qui représentent 60% du chiffre d’affaires.

F. L. : En 1998, vous recevez de nouvelles responsabilités !

R. D. : Je prends la direction des ventes pour les grands comptes et la responsabilité des vendeurs. Il y a comme cela des éléments qui font évoluer les choses : la chance, l’opportunité, l’évolution de la société…

F. L. : Entre-temps, Delacre est intégré au groupe britannique «United Biscuits».

R. D. :  Cette nouvelle intégration implique de nouvelles structures. D’une structure régionale, on passe à une structure européenne. Je rejoins le comité de direction avec de nouvelles responsabilités : la direction des ventes pour la Belgique et la responsabilité du marketing pour la France, les Pays-Bas et la Belgique jusqu’en 2004. 

F. L. : Et depuis 2004 !

R. D. : Je suis désignée au poste de «Director Sales & Marketing» de Delacre.

F. L. : On est loin de la jeune diplômée des FUCaM qui débute à la Région wallonne. Quels sont les problèmes majeurs rencontrés par un votre nouveau management ?

R. D. : La Belgique est un pays dont l’économie est saturée. Dans le domaine de la biscuiterie, la concurrence est énorme. Notre part de marché est seulement un peu plus du tiers de celle du géant qu’est Kraft. Et puis, il y a les chaînes de la grande distribution qui ont leurs propres produits. C’est un très beau, mais très dur challenge.

F. L. : Quelles sont les forces de ce challenge ?

R. D. : Delacre a une position de challenger et non de leader : nous n’avons pas les budgets des grosses structures en recherche et développement. Alors, nous utilisons d’autres armes. Vis-à-vis de la grande distribution, la vitesse et la flexibilité dans la façon de réagir. Vis-à-vis des consommateurs, il faut être pertinent et avoir des produits qui séduisent par leur qualité. Il faut aussi que nos biscuits répondent à des besoins : la gourmandise, se faire plaisir. C’est la première clé de la stratégie.

F. L. : Votre première cible est donc le consommateur. Comment vous y prenez-vous pour le chouchouter ?

R. D. : Nous effectuons beaucoup d’études de satisfaction et des sessions de qualité. Une fois par trimestre, nous achetons nos produits dans différents de points de vente et nous contrôlons la qualité. Avant de lancer un produit, nous effectuons des tests de qualité auprès d’un panel de consommateurs.

F. L. : Votre job de manager doit être passionnant, mais mangeur de temps. Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie privée ?

R. D. : En tant que femme, si vous voulez faire carrière, il faut le faire comme un mec, à savoir pas de compromis avec la vie privée. Cela n’a rien à voir avec la qualité fournie : la vision et la valeur ajoutée d’une femme dans une entreprise sont bien différentes et complémentaires de celles des hommes.  Il faut oublier le trip du 4/5e temps. En semaine, il y a peu de place pour la vie privée, a fortiori quand comme moi on déloge deux à trois fois par mois et que l’on a environ quatre heures de trajet au quotidien ! La réussite est fonction des choix que l’on fait !

F. L. :Quels sont les critères majeurs de recrutement chez Delacre ?

R. D. : Il faut être trilingue : dans notre staff, il y a des francophones, néerlandophones et anglophones. La personnalité prime par rapport à l’expérience : le sens du contact, l’ouverture d’esprit, la capacité de changement et de travail en équipe. Il faut savoir qu’une carrière se construit avec beaucoup de travail, d’énergie et d’humilité.

F. L. : Quel regard portez-vous sur les FUCaM ?

R. D. : Les FUCaM sont une université à taille humaine où l’on peut se construire individuellement et professionnellement en créant de très bons liens amicaux.

 

Alfred Diricq

ALIFUCaM, association des anciens diplômés

Etudes

Activité d'information


Dernière publication


  • FUCaM Liaisons n°63

Mons 2015


  • Mons 2015 : pour l'UCL Mons aussi, c’est capital !