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FL47 - Marc JACQUINET

Erasme des temps modernes

Pour Marc Jacquinet, à l’image des Erasme, Rubens, Van Eyck, le monde est un grand campus, dans lequel il promène constamment sa curiosité intellectuelle pour sans cesse apprendre et chercher des solutions.

FUCaM Liaisons : Pour vous tout est parti de l’ancienne Principauté des Princes‑Evêques ! Marc Jacquinet : Avant d’entrer aux FUCaM, j’ai effectué un graduat en commerce extérieur et comptabilité à l’Institut Sainte-Marie à Liège de 1989 à 1991. Ensuite, j’ai gravi « la passerelle » aux FUCaM : je suis passé sans problèmes, mais j’ai dû étudier sérieusement durant un bon mois.

F. L. : Quel genre d’étudiant étiezvous ? Bûcheur ? Guindailleur ?

M. J. : J’étais plutôt bûcheur, mais aussi guindailleur. J’étudiais surtout parce que j’aimais apprendre. J’étudiais sérieusement les cours qui m’intéressaient et ceux qui étaient une porte ouverte sur un domaine de connaissances, qui m’éveillaient la curiosité et constituaient pour moi une sorte de défi : apprendre quelque chose qui exige un effort, une stratégie. Je pense toujours d’ailleurs qu’il faut profiter de l’occasion qui se présente d’avoir à sa disposition des professeurs prêts à vous expliquer des choses pendant un, deux à trois ans. Dans notre vie, c’est une situation unique !

F. L. : Après les FUCaM, vous mixez à tour de rôle travail en entreprise et recherche scientifique !

M. J. : De novembre 1993 à mai 1995, j’entreprends simultanément une maîtrise en sciences économiques à  Coimbra.et je travaille à l’Institut National des Statistiques, ensuite dans un centre de recherches d’études en sciences régionales. En 1995, je rentre en Belgique pour terminer la rédaction de ma thèse ; en même temps, je travaille dans une entreprise de conseil en gestion de la qualité avant d’entrer aux Ateliers des FUCaM en avril 1996 pour y rester jusqu’en août 1998.

F. L. : Mais, le Sud vous rappelle pour continuer vos travaux de recherche !

M. J. : Oui, je repars à Madrid, l’Universitad Carlos III, pour y commencer un doctorat en histoire de l’économie. En même temps, je travaille comme chercheur à Lisbonne à l’Universidade Aberta dans l’unité de gestion. J’ai réussi la maîtrise, mais j’ai dû arrêter le doctorat. La vie devenait difficilement gérable : vivre et étudier à Madrid, 4 à 5 jours par semaine, et travailler les 2 ou 3 autres jours à Lisbonne après une longue nuit en train ! Malgré une nouvelle opportunité à Barcelone, j’ai fini par choisir le Portugal, parce que j’y avais rencontré l’amour.

F. L. : Et vous restez à Lisbonne, à l’Universidade Aberta ?

M. J. : Oui ! J’y ai débuté comme assistant en 1998. Depuis 2006, après avoir soutenu ma thèse en économie sur « La régulation et les transformations technologiques du secteur du vin de Porto entre 1680 et 1974 », j’y assume le poste de professeur et je donne les cours en 1er et 2e cycles d’économie politique, de microéconomie, de macroéconomie, d’introduction à la gestion, de sociologie des organisations, d’économie de l’innovation et de gestion de la connaissance. Plus récemment, j’ai repris contact avec Les FUCaM dans la perspective de collaborer au CERIO (Centre de recherche et d’intervention en organisation).

F. L. : Comment s’est passée votre adaptation au Portugal ?

M. J. : Celle-ci a été relativement facile tant au niveau de la langue que des coutumes. Par contre au niveau professionnel, les difficultés ont été plus sérieuses, mais rien d’extraordinaire. Un exemple : le Portugais n’aime pas les conflits ni les discussions tant au niveau du travail que dans la vie quotidienne. Il fait preuve d’une certaine passivité. Ici, on se plaint en sourdine, on crie, on s’engueule, mais on ne bouge pas beaucoup pour que cela change, comme s’il y avait une fatalité. Le mot « fado » est révélateur, puisqu’il signifie destin, sort, destinée ou…fatalité. Mais d’une manière générale, mon expérience est très positive et mon adaptation s’est passée sans problème majeur.

F.J : Liège, Mons, Lisbonne et peut-être bientôt à nouveau Mons au sein du CERIO ! Que signifie pour vous aujourd’hui le mot « FUCaM » ?

M.J : Tout d’abord, quand j’y étais étudiant, je m’y suis fait beaucoup d’amis et de connaissances ; malheureusement, ma trajectoire de chercheur m’a éloigné de la Belgique. Ensuite, avoir travaillé pendant deux ans aux FUCaM m’a donné une autre expérience de Mons et du travail. Sans m’en rendre compte, j’avais pris le chemin de la recherche que je n’ai jamais abandonné. Par ailleurs, tant pour les étudiants que pour les assistants et les professeurs, j’associe le mot « FUCaM » à une spécificité montoise, une université qui a une dimension humaine et où l’entreprise collective peut offrir un stimulant très fort.

Alfred Diricq

ALIFUCaM, association des anciens diplômés

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