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FL43 - Angelo LORENZON

Un homme d’acier avec l’esprit de famille en coulée continue

Angelo Lorenzon (promotion 74) est aujourd’hui un acteur confirmé dans le négoce international de l’acier. En 1980, il décide de fonder sa propre entreprise, UNISTEEL, avec un capital d’un million de francs belges, spécialisée dans le commerce des produits sidérurgiques. En 1986, son épouse, Hélène Devaux (promotion 1972), abandonne son poste de cadre supérieur à la BBL pour rejoindre son mari et occuper le poste de directeur financier. Depuis, leurs deux fils, anciens des FUCaM, et d’autres anciens des FUCaM, ont rejoint UNISTEEL-GROUP, qui achète, vend, transporte de l’acier de Shangaï à Dubaï, de Bombay à Antwerpen, de Gènes à Alger…Comme Marco Polo, Angelo Lorenzon est vénitien (sa famille est originaire de Treviso), mais il a choisi la voie de l’acier plutôt que celle des épices ou de la soie. Pour que son entreprise vogue en toute sérénité, il met sa confiance dans l’esprit de famille, qu’elle soit génétique ou des FUCaM, en coulée continue.

FUCaM Liaisons : Angelo Lorenzon, vous entrez à la Consule en 1969. Vous sortez des FUCaM en 1974 avec un diplôme d’ingénieur commercial et de gestion. Devenez-vous de tout suite un homme d’acier ?

Angelo Lorenzon : Mes études terminées, j’ai pu décrocher grâce à l’AIESEC un stage de 4 mois aux USA chez CARGILL, la plus grande multinationale dans le négoce des matières premières alimentaires. Vous mangez certainement du CARGILL sans le savoir ! Il semble que je leur donne satisfaction, puisque mes patrons décident de me garder en m’envoyant dans leur filiale de New-York, C. TENNANT, mais qui elle est spécialisée dans le négoce des minerais et aciers. J’effectue le tour de leurs filiales à Paris, Milan... Je suis une formation à New- York durant 6 mois. Et puis j’atterris dans leur bureau de Bruxelles comme assistant trader. A l’âge de 26 ans, je sillonne la Méditerranée, ma petite serviette à la main, pour vendre des bateaux, dont la cargaison d’acier vaut parfois 100 millions de francs belges !

F. L. : Quel est le déclic qui vous amène à la création de votre entreprise ?

A. L. : Après 5 ans, je trouve l’administrateur délégué de C. TENNANT un peu trop ringard et je donne mon préavis. Je m’installe à Bruxelles comme agent indépendant pour un petit producteur italien d’acier. Je vends un camion parci, un camion par-là. La société italienne grandit, nous grandissons avec elle. En 1980, j’ai créé mon propre comptoir avec 1 million de francs belges ; en 2005, UNISTEEL-GROUP a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 50 millions d’euros ! UNISTEEL-GROUP est présent en France, en Allemagne, en Italie, à Dubaï, en Chine plus récemment avec un réseau d’agents dans plus de 20 pays.

F. L. : En tant que capitaine d’entreprise, vous aimez surtout vous définir comme un « tailleur sur mesure ». Quel fut l’apport de vos études universitaires pour acquérir ce profil ?

A. L. : Tout d’abord, une petite remarque : je me considère toujours comme un « consulaire ». Pour moi, La Consule a été pionnière dans le fait qu’elle était tournée avant toutes les autres universités vers l’international : on pouvait déjà aller étudier un an en Hollande, en Allemagne, en Angleterre. D’où l’importance que La Consule donnait aux langues. Etant donné que mes enfants sortent des FUCaM comme d’autres membres de mon personnel, je crois que l’enseignement des langues est toujours de valeur aujourd’hui. En ce qui me concerne et c’est peut-être sentimental, on n’aurait pas dû abandonner cette appellation de « Consule » !

F. L. : A côté des langues, que retenez- vous comme élément déterminant dans votre formation aux FUCaM ?

A. L. : Je crois que c’est la gymnastique de l’esprit et l’entraînement à l’esprit de réflexion. Si je me définis comme « un tailleur sur mesure », la raison en est que nous devons sans cesse répondre aux besoins de nos clients. Et pour cela, il faut deux qualités essentielles que m’ont données mes études universitaires : l’esprit de réflexion et les sens des responsabilités. L’université doit former des gens responsables.

F. L. : Quel genre d’étudiant étiezvous ?

A. L. : Je n’ai jamais hésité à m’impliquer dans les activités extra-académiques académiques qui étaient très développées à la Consule. Ma présence au sein du CEFUC et de l’AIESEC m’a beaucoup aidé pour la suite. Au CEFUC, notamment les expériences de gestion sur le terrain, comme le match de football international contre Trieste, une fois là-bas et une fois à Mons, m’ont beaucoup appris.

F. L. : Que pensez-vous de la bleusaille ?

A. L. : Un moment important ! Le monde des affaires est un monde complexe. Durant la bleusaille, les nouveaux se frottent aux anciens et par après, se créent des liens d’amitié et de convivialité pour toujours. Quand je vais en Chine, si je retrouve un ancien des FUCaM de mon temps ou pas, les liens se recréent très vite. L’aspect relationnel au sein des étudiants doit être préservé à tout prix !

F. L. : Quel message donneriez-vous aux étudiants actuels ?

A. L. : De participer aux activités extraacadémiques. De se tourner vers l’étranger, donc d’apprendre les langues. N’hésitez pas après vos études à regarder vers les secteurs de « niche », matières premières comme l’acier, le cuivre, l’immobilier, les PME spécialisées… Soyez jusqu’au- boutistes. Cultivez l’ouverture d’esprit.

F. L. : Pour vous, que représente le mot « FUCaM » ?

A. L. : Les FUCaM sont une bonne école qui possède un bon passé, qui a beaucoup d’atouts, mais qui ne se vend pas suffisamment bien. Les FUCaM doivent mettre en pratique pour elles-mêmes ce qu’elles enseignent.

Alfred Diricq

ALIFUCaM, association des anciens diplômés

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