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FL40 - Gaëtan MERCENIER

Un développeur d'entreprises toujours à l'affût

Si l’Ardennais se veut avec « une Ardeur d’Avance », le Liégeois lui veut continuellement « Forcer l’Avenir ». Originaire de Theux, Gaëtan Mercenier ne cesse d’anticiper pour entreprendre, à tel point qu’à 25 ans, il est déjà gérant de quatre sociétés dans des secteurs tout à fait différents.

FUCaM Liaisons : Quand avez-vous décidé de créer votre première société, dénommée aujourd’hui « GJM Retails and Management » ?

Gaëtan Mercenier : C’était en 2003. J’étais en première licence de gestion, option finances et comptabilité, aux FUCaM. Je me suis retrouvé avec un certain capital. Au lieu de le mettre sur un livret d’épargne, où j’aurais eu des clopinettes, j’ai décidé de créer une société anonyme, qui se spécialiserait dans l’achat de bâtiments destinés à la location pour des surfaces commerciales de 300 à 1300 m2. La Belgique est un pays dont la population est vieillissante. Les gens vont avoir de plus en plus besoin de magasins de proximité. Il faut toujours prendre le contre-pied de ce qui se fait. Il faut toujours anticiper sur ce que les gens voudraient avant qu’ils ne sachent ce qu’ils veulent. En 2006, « GJM Retails and Management » louera son 4e bâtiment.

F. L. : Originaire de Theux, vous venez aux FUCAM en septembre 2000, alors que vous avez HEC à votre porte. Pourquoi cette transhumance ?

G. M. : J’ai fait la connaissance des FUCaM via un ancien. Si finalement, j’ai choisi les FUCaM plutôt que HEC, c’est un problème de choix et de nombre de langues. Aux HEC, je devais prendre 3 langues ; aux FUCaM, je ne devais en prendre que deux, dont l’anglais, langue pour laquelle j’avais obtenu une certification au Trinity College de Londres.

F. L. : Sitôt votre diplôme en poche en septembre 2004, quelle est votre occupation ?

G. M. : Pendant 2 mois, je m’installe à Liège et je développe ma société immobilière. Ce n’est qu’à partir de décembre que je porte ma réflexion dans le domaine des médias, et plus particulièrement la radio. Quelle est la législation en vigueur dans le domaine des radios libres ? Qu’y a-t-il à Liège comme radios libres ? Je prends alors contact avec le Conseil supérieur de l’Audiovisuel pour obtenir les renseignements précis sur la législation.

F. L. : Vos pas vous conduisent alors vers « ZONE 80 », une radio libre, qui diffuse essentiellement des tubes des années 80. Aujourd’hui, vous êtes le président du Comité de direction de « GJM Media », une société coopérative à responsabilité limitée, et dont l’activité principale concerne « ZONE 80 ».

G. M. : Après les contacts avec le C.S.A, je me suis rendu compte qu’il fallait professionnaliser ZONE 80 par des investissements lourds pour en faire un réseau sur toute la province de Liège ( ZONE 80 est stationnée à Bierset : N.D.L.R.). J’ai donc apporté des propositions, qui ont été acceptées. Nous sommes maintenant la 3e radio belge, après Bel RTL et Bruxelles, à avoir obtenu du CSA le conventionnement pour émettre via Internet. Notre objectif est de faire de ZONE 80 la radio libre la plus pro et la plus élaborée par son contenu sur la province de Liège. Il faut toujours anticiper !

F. L. : Anticiper semble être votre leitmotiv !

G. M. : Dans le domaine des affaires, on n’anticipe jamais assez, mais il faut aussi avoir du nez, un peu comme les oenologues lors de la dégustation d’un vin. Ainsi, je me suis rendu compte que certaines régions ou villes manquaient terriblement de services de proximité dans le domaine des produits informatiques. J’ai donc décidé de créer « GJM Electronics », une S.P.R.L. qui implante des points de vente de matériel informatique. Nous avons commencé par Vielsalm. Welkenraedt, Stavelot et Athus ont suivi.

F. L. : Vous êtes ainsi à la tête de quatre sociétés aux statuts différents, la petite dernière étant « GJM Holding », et cela, à 25 ans seulement. Vous avez créé 20 emplois en un an. Votre actif avoisine les 4 millions d’euros et la croissance de votre chiffre d’affaires est de 20% par mois. Quel est l’apport de vos études aux FUCaM dans tout cela ?

G. M. : Tout d’abord, ce qui m’a plu aux FUCaM et pourtant je ne logeais pas sur le campus mais en ville, c’est la taille humaine de cette université montoise. C’est beaucoup plus qu’un slogan. Ensuite, les cours qui m’ont le plus marqué sont les cours de comptabilité, qui impliquent la gestion par la qualité totale. Si les chiffres comptables sont le résultat de ce que l’on fait, il importe de toujours savoir pourquoi on est en boni ou en perte. Enfin, ce que je retiens de mon passage aux FUCaM, c’est la formation à la polyvalence. Ici à ZONE 80, j’ai déjà coiffé toutes les casquettes. Que l’avenir de la Wallonie passe par un Contrat d’avenir ou un Plan Marshall, qu'importe la dénomination, mais il passe certainement aussi par l’action de jeunes entrepreneurs comme Gaëtan Mercenier, cet ancien de chez nous, qui à 25 ans a décidé de devenir un développeur d’entreprises, qui n’a pas encore atteint son rythme de croisière.

Alfred Diricq

ALIFUCaM, association des anciens diplômés